La Belgique face à un creux inédit : la natalité s’effrite, quels effets pour demain ?

© Getty Images – AndreyPopov / Comme en France, la natalité diminue en Belgique : est-ce si grave de faire moins d’enfants ?. Photo d’illustration. © RTBF.be

La Belgique enregistre son plus faible nombre de naissances depuis plus de 80 ans. Entre choix de vie, contraintes économiques et inquiétudes face à l’avenir, les naissances se font plus rares. Un tournant démographique aux conséquences bien réelles, déjà visibles dans les écoles et sur le marché du travail.

En Belgique, la baisse de la natalité n’est plus un phénomène passager, elle recule de façon continue et préoccupante. En 2024, le pays n’a enregistré que 108 150 naissances, soit une diminution de 1,9 % par rapport à 2023, du jamais vu depuis la Seconde Guerre mondiale.

L’indice conjoncturel de fécondité, c’est-à-dire le nombre moyen d’enfants par femme, s’élève à 1,44 enfant en 2024. Chez les femmes belges, il tombe à 1,33 contre 1,89 chez les femmes non belges. Des chiffres bien en dessous du seuil de renouvellement des générations.

Pourquoi cette tendance ?

Plusieurs facteurs peuvent expliquer ces changements. D’abord, l’âge moyen des mères ne cesse de grimper, 31,4 ans en 2024. De plus, le nombre d’enfants par femme baisse depuis plus d’une décennie, de 1,86 en 2008 à 1,52 en 2022.

La démographe Marie Vandresse attribue cette baisse à l’évolution de la société et l’éducation des femmes. Par exemple, beaucoup de femmes actives professionnellement décident d’avoir des enfants beaucoup plus tard. Elle rappelle aussi que la confiance que l’on place dans l’avenir joue un rôle déterminant. Lorsque l’emploi, les revenus ou le logement paraissent incertains, beaucoup de couples préfèrent attendre. À cela s’ajoutent d’autres inquiétudes, comme le changement climatique, qui amènent certains à s’interroger sur la responsabilité d’avoir un enfant dans un monde jugé instable.

 

Deux conséquences majeures

La chute des naissances se fait déjà sentir dans les écoles. En Fédération Wallonie-Bruxelles, plus de 30 000 élèves ont disparu en dix ans. Des classes ferment, d’autres fusionnent, et d’ici 2029, plus de 2 000 postes d’enseignants pourraient être supprimés.

Pourtant, cette baisse n’a pas que des effets négatifs. À Bruxelles, elle est parfois perçue comme un répit après des années de surpopulation scolaire. « Le recul des naissances offre un souffle nouveau à un système longtemps saturé », observe Antoine de Borman, directeur général de perspective.brussels.

Autre conséquence, avec moins d’enfants qui naissent, le pays vieillit plus vite. Le déséquilibre entre actifs et retraités se creuse, fragilisant les systèmes de pension, de santé et de protection sociale. À long terme, cette évolution posera un véritable défi pour la durabilité de l’État belge.

Maëlyn Draguet